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En France, le secteur agricole représente environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre, dont 13 % proviennent des serres chauffées (source : enquête du CTIFL). Ce constat, ainsi que la fin des contrats de vente d’électricité par cogénération, obligent les exploitants à repenser leur mode de chauffage pour aller vers des solutions plus durables. Pour entamer cette transition, la première étape consiste à réaliser un diagnostic énergétique et une étude d’opportunité multi-EnR pour serres. Zoom sur ces deux études et les financements accessibles aux agriculteurs.
L’agriculture est l’un des secteurs les plus exposés à la hausse des prix de l’énergie. Pour preuve, on estime à environ 300 kWh/m²/an la consommation énergétique d’une serre chauffée (plus proche de 400 kWh/m²/an).
Résultat : 23 % des coûts de production des agriculteurs sont dus au chauffage (source : CTIFL). Il s’agit du deuxième poste de dépense après la rémunération du personnel.
Pour la pérennité des systèmes de production et des filières, les exploitations agricoles s’engagent aujourd’hui dans une évolution vers des modes de production moins énergivores.
Le diagnostic énergétique et l’étude d’opportunité multi-EnR permettent d’identifier les solutions possibles pour réduire les consommations d’énergie d’une serre, comme par exemple :
L’objectif de ces études est d’analyser la pertinence de différents types d’investissements, à la fois d’un point de vue technique et financier, mais aussi réglementaire.
D’après l’Ademe, cette démarche peut permettre de réaliser jusqu’à 50 % d’économies sur un site.
Le diagnostic énergétique apporte une vision objective et chiffrée des consommations d’une serre. C’est la première étape avant d’envisager toute action de réduction des consommations.
En effet, c’est cette étude qui permet ensuite d’orienter les décisions d’investissement sur des bases techniques et économiques solides.
Concrètement, un diagnostic énergétique comporte généralement 3 grandes étapes :
Aujourd’hui, 80 % des serres chauffées utilisent encore du gaz. Or, l’objectif étant de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles, il est devenu essentiel de diversifier les sources d’énergie utilisées pour chauffer les serres.
C’est là qu'intervient l’étude d’opportunité multi-EnR. S'inscrivant dans la continuité du diagnostic énergétique, elle permet d’identifier plus précisément la ou les sources d’énergie renouvelable les plus adaptées aux besoins du site.
Pour ce faire, le bureau d’études s’appuie sur différentes données pour pouvoir :
Actuellement, la majorité des serres françaises sont chauffées à l’aide de chaudières à gaz. Mais ce n’est pas la seule solution !
Heureusement, il existe de nombreuses alternatives aux énergies fossiles. À titre d’information, le tableau suivant liste les principales sources d’énergie renouvelables pouvant être utilisées pour chauffer une serre.
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Technologie |
Principe |
Atouts |
Contraintes techniques |
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Chaudière biomasse |
Combustion du bois ou des résidus agricoles dégageant des calories qui vont permettre d’alimenter le circuit de chauffage et/ou le ballon d’eau chaude |
Produit de la chaleur sur le même principe qu’une chaudière classique (gaz naturel ou fioul) tout en diminuant l’impact de CO2 vis-à-vis des ressources fossiles |
Disponibilité des ressources (bois, effluents d’élevage, etc.) |
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Géothermie |
Valorisation de la chaleur extraite du sous-sol |
• Disponibilité continue de sa production • Réduction des émissions de CO2 de 70 à 90 % • Coefficients de performance (COP) élevés permettant de réduire le coût de l’énergie utile |
• Proximité avec un puits • Coût des installations élevé |
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Récupération de chaleur sur un groupe frigorifique |
La production de froid nécessite l’utilisation d’une énergie générant de la chaleur. En installant un récupérateur de chaleur sur un groupe de froid, on permet la valorisation de cette énergie disponible |
Valorisation de l’énergie disponible |
Besoins de chaud et de froid en simultané |
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Raccordement à un réseau de chaleur |
Valorisation de la chaleur perdue (fumées, air, eau chaude) issue de procédés industriels voisins |
Source locale et compétitive, combinable avec du stockage thermique |
Dépend de la disponibilité, de la qualité et de la proximité du gisement de chaleur fatale |
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Solaire thermique |
Production d’eau chaude via des capteurs solaires |
• Technologie durable (> 30 ans) et fort rendement • OPEX faibles et peu de consommation d’électricité |
• Foncier disponible pour une installation à proximité de l’exploitation • Production saisonnière (avril-octobre) |
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Stockage thermique |
Stockage d’eau chaude journalier en « Open Buffer » ou intersaisonnier en fosse « PTES » – Pit Thermal Energy Storage |
• Stockage de la chaleur produite par l’ensemble des producteurs permettant de déphaser production/ consommation. • Open Buffer : mise en place rapide • Permet un pilotage par rapport aux prix des énergies (Power-to-Heat) |
• Le stockage intersaisonnier permet plusieurs mois de décalage mais nécessite environ 2 ha à proximité • Complexité de mise en place |
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Chaudière électrique |
Production d’eau chaude via l’électricité, utilisée en appoint et pour la flexibilité du réseau |
• Coût et délai de raccordement électrique • Sécuriser l’approvisionnement |
• Pilotage fin nécessaire pour valoriser les marchés • Rémunération incertaine • Sécurisation électrique nécessaire |
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Pompe à chaleur (PAC) |
Réhausse en température du retour des réseaux d’eau chaude par compression mécanique |
• Rendement > 3 pour ce type d’application • COP dépendant du gisement (air ou chaleur fatale) • Ces technologies sont modulables et complémentaires. Elles peuvent être intégrées dans des installations existantes ou dans de nouvelles serres |
• Maintenance élevée et durée de vie plus faible • Sécurisation électrique nécessaire |
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Le diagnostic énergétique et l’étude d'opportunité multi-EnR s’adressent aux exploitations agricoles disposant de serres chauffées, en particulier lorsque le chauffage repose encore sur des énergies fossiles comme le gaz ou le fioul.
Dans les faits, les activités concernées sont majoritairement le maraîchage et l’horticulture.
Concrètement, les exploitants de ces structures ont généralement deux objectifs :
Par exemple : un maraîcher disposant de plusieurs serres chauffées au gaz souhaite diminuer sa facture d’énergie. Il hésite entre deux solutions : installer des panneaux photovoltaïques ou raccorder ses serres à un réseau de chaleur situé à proximité. Le diagnostic énergétique et l’étude d'opportunité multi-EnR lui permettront alors de savoir laquelle de ces deux solutions est la plus rentable, et peut-être même d’identifier une troisième option plus intéressante.
La cogénération, longtemps attractive pour les agriculteurs, reposait sur des contrats d’obligation d’achat garantissant un certain tarif d’achat de l’électricité produite sur le long terme. La vente d’électricité finançait l’achat et l’exploitation du moteur, rendant ainsi la chaleur quasiment gratuite. Toutefois, depuis la fin progressive de ces contrats et la hausse marquée du prix du gaz, l’équilibre économique s’est dégradé. L’électricité est désormais revendue au prix de marché, réduisant fortement la rentabilité de ce type d’installation, et incitant les exploitants à entamer une transition vers un mix énergétique plus durable.
L’Agence de la transition écologique (ADEME) propose une aide financière destinée aux structures agricoles, permettant de financer un diagnostic énergétique et une étude d’opportunité multi-EnR pour leurs serres.
⚠️ Attention : l’étude ne doit pas avoir démarré ou été commandée avant le dépôt de la demande d’aide.
Financée via le Fonds Chaleur, l’aide prend en charge une part significative des coûts d’études, à savoir :
Dans tous les cas l’aide est ouverte jusqu’au 31 décembre 2026 et le financement est limité à un plafond de dépenses éligibles fixé à 50 000 €.
Les démarches se font via les Directions Régionales de l’ADEME. Un contact préalable est recommandé pour vérifier l’éligibilité et définir le périmètre d’étude avec un auditeur qualifié.
Pour en savoir plus sur cette subvention, téléchargez la fiche explicative : Tout savoir sur l’aide de l’Ademe.
Il existait auparavant un autre dispositif de financement de l’ADEME, appelé Tremplin pour la décarbonation des serres maraîchères, mais ce dernier a été arrêté en 2025.
Akéa Énergies réalise des diagnostics énergétiques et études d’opportunité multi-EnR conformes aux exigences de l’ADEME. L’objectif : identifier précisément les gisements d’économies et définir une stratégie d’investissement cohérente avec vos besoins.
Concrètement, l’accompagnement se déploie en plusieurs étapes :
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